Jeudi 11 juin 2009

 
On m'appelait Andréa.
On m'appelle Romain.

Ne vous arrêtez pas ici.

Par Andréa
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Jeudi 11 juin 2009

Le 13 Juin 1979, En Auvergne, entre Paris et Montpellier.

Imaginons une jeune fille qui aimerait critiquer le monde qu'elle côtoie, dans sa généralité. Circonstance aggravante, la vie ne saurait pour elle se distinguer de sa présentation; il n'y a pas de règles abstraites de la dialectique... Ainsi, Manon ne se contente pas d'examiner ce qu'elle prend pour la réalité, elle l'interprète, la réinterprète et la développe : elle essaye de trouver une logique à son environnement, quel qu'il soit; elle pense disposer du savoir absolu.

La jeune fille est asociale, les seuls sons qu'elle émet sont ces fredonnements : « So, so you think you can tell. Heaven from hell, blue sky from pain. Can you tell a green field, from a cold steel rail... ». Elle vit en France, ses parents sont français, elle pense dans la langue utilisée dans Wish You Were Here, l'anglais. Elle comprend ce qu'on lui dit, connaissait déjà les paroles qui lui sont destinées, n'y répond donc pas. Elle connait aussi Dieu, puisqu'elle connait tout et que Dieu, c'est elle. Dieu est une femme âgée de 16 ans. La première fois qu'elle écouta les Pink Floyd, son esprit divin lui dicta « Vive moi ! Je suis formidable comme la volupté que je ressens et que j'ai inventé. Le plaisir ressenti par mon écoute est une merveille. Moi, c'est le siège du plaisir. Le plaisir, c'est moi. Le plaisir ne peut pas se passer de moi; chaque fois qu'il y aura du plaisir, il y aura moi. », elle avait alors 6 ans et était devenue mégalomane... Elle ne peut aimer quelque chose, sans trouver un moindre défaut. Pourtant, elle s'aime. La seule chose qu'elle aime, c'est Dieu.
Dieu, c'est moi, Manon.
Au plaisir.

Par Andréa
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Jeudi 11 juin 2009
Le 20 Juin 1979, à Grasse.
En cette fin de journée ensoleillée, la cymbalisation m'a éveillée, la lumière crépusculaire m'a alors accueillie. J'ai découvert une étrange lettre posée sur mon corps, elle m'apprendre que je suis Dieu et que l'on me désigne sous le nom de Manon. À mon levé, j'ai remarqué que j'étais nue, un tas de vêtements, de haillons, posés à mes côtés, la lettre au sommet ; incompréhensible et effrayant. Je préfère écrire ces faits qu'essayer de les comprendre.

Il semblerait que je me retrouve de nouveau à Grasse, que j'ai énormément de mal à reconnaître. Mon dernier souvenir se trouve pourtant à Marseille. Au moment où je t'écris, je me trouve sur une crête dominant un gigantesque espace couvert de jardins, de champs de lavandes, d'oliviers, d'abricotiers, d'amandiers en fleurs, de plantes odorantes. Cette crête paraît d'un autre monde, on s'y sent bien. D'ici, j'aperçois la mer, pourtant ses flux, les bruits de roulement des vagues, le sel ne m'atteignent pas. Les effluves sont florales. L'unique élément trahissant cette Cité du Soleil est une ville, aux aspects étonnamment utopiques. La citadelle se loge sur le flanc d'une montagne. Son allure, presque désinvolte, est simple ; les remparts sont quasiment inutiles, elles ne détiennent qu'une mince partie des demeures. Cependant, la ville m'éblouit, me fascine. Pour moi, avant ce moment, je ne la considérais autrement que la capitale des parfums, des savons, des huiles, autres. Désormais, en la voyant, à des lieues d'elle, j'exalte, les odeurs m'arrivant sont irréelles, impossibles, fantastiques.
Qu'est-ce que les Pink Floyd ? L'anglais ? J'ai peur, peur de découvrir certaines choses.
Andrea.

Par Andréa
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Dimanche 14 juin 2009

Le 21 Juin 1979, en partant de Grasse.

Je ne préfère pas m'attarder au pays parfumé, que le soleil caresse ; en y restant trop longtemps, je crains de ne pas pouvoir le quitter. Je risquerais de tomber dans l'enfantin de l'idylle, de rêver des horizons bleuâtres, de voir des jets d'eau, des jardins pleurer dans les albâtres, d'entendre des oiseaux, des enfants chanter soir et matin, des baisers... Cette vie heureuse n'est pas pour moi, évoquer le printemps avec volonté me plonge dans une étrange volupté, mais... je dois me résigner pour avancer, je dois tirer le soleil de mon cœur, faire abstraction de la joie. Bref, je me suis restauré dans la soirée d'hier dans une taverne, après avoir atteint la ville. L'ambiance y était terne, mais accueillante. Puis, j'ai dormi dans cette auberge, quartier Saint Jacques, où nombre de rêves se sont formés. J'ai rêvé de ma mère que j'essaye d'imaginer, de Salomé qui me manque, de Paris que je dois rejoindre, de l'océan que je rêve de voir, d'exotisme, de tellement de choses que vous ne pourriez concevoir. Pourtant, cela vous ferez probablement fantasmer. Ai-je un monde fictif et imaginaire si enviable ? Je ne sais pas.

La mémoire me revient. Ce groupe, les Pink Floyd, génial. L'anglais, la langue universelle. Comment ai-je pu oublier ? Hébéphrénie ? Perte de mémoire ? Angoisse. Je me rends alors compte que je parle à quelqu'un que je ne connais pas... qui ne me connait pas. Oh, et puis, dans cette étrange lettre, on me décrit comme mégalomane ; autant en faire preuve, une fois de plus, en parlant de moi, encore de moi, toujours de moi... 
Indolence... Demain me consacrera. 
Andréa.

Par Andréa
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Lundi 29 juin 2009
Le 22 Juin 1979, Cannes.
Boulevard du midi. J'ai atteint Cannes alors que le soleil demeurait haut dans le ciel. Je promets certaines choses alors que je suis douteuse de pouvoir les assurer. Dire qui je suis est tellement subjectif... Je vais tenter d'expliquer ce qu'il s'est passé, ce qui a causé cette étrangeté en moi...

Les gens qui me connaissaient m'appelaient Andréa, quelques un se permettaient le surnom de « mon ange » à cause du caractère séraphique dont je faisais preuve. Mais ma mère a décidé de briser ma vie, de rompre mes rêves. Ainsi, l'« ange » assouvi que j'ai pu être est devenu mélancolique et triste... On m'a fait connaître les drogues, mes mains se sont alors souillées, devenant blessées et mourantes, à l'image de mon corps épuisé et efflanqué. Puis, j'ai décidé d'en finir avec ça, cette vie « macchabéenne ». Je ne me contrôlais plus, sachant pourtant ce qui allait arriver, le sang suintait de mon nez, j'étais comme paralysée, gisante sur le sol presque fangeux de ce qui me servait de chambre... La fatalité a cassé mes ailes, j'étais donc couchée, la cocaïne me demandait de dire au revoir au monde réel, je n'étais que poussière. Je me sentais bouillonner, mais cette merde me disait encore de dormir, de m'éteindre, que c'était certes l'ultime, mais le bon dénouement. Je ne percevais plus aucunes sensations au contact de ce qui m'entourait. Je distinguais ce tapis, âcre et sale. Je n'entendais plus qu'un sombre bourdonnement, Wish You Where Here sonnait. Une dernière caresse sur ma cuisse, effort final que je ne sentis même pas, me fit toucher l'horizon blanchâtre... puis, plus rien. Jusqu'à ce levé, il y a deux jours, où je t'ai découvert, dans la vallée de Grasse.
Je renais, bien que cette rupture commise par ma mère soit encore présente... Je t'expliquerais, peut-être si... ,un jour, j'en ai l'envie.
Andréa.

Par Andréa
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Samedi 22 août 2009
Reprise plus tard, peut-être.
Par Andréa
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Présentation

  • : Cela m'interroge...
  • it.makes.me.wonder
  • : Dans un temps, désormais révolu, vivait une étrange personne nommait Andréa... Cet individu, curieux soit-il, subsiste toujours, mais sous le pseudonyme de "Romain" ; ce quidam s'est converti au monde actuel, reclus du passé. Andréa a facebook sous son pseudonyme : Romain Duvivier. A bientôt.
  • : Amiens Romain Andréa Divers

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